L'ampleur du déficit exige de nouvelles méthodes de livraison.

Selon la Société canadienne d'hypothèques et de logement, le Canada doit construire 3,5 millions de logements supplémentaires d'ici 2030 pour rétablir l'abordabilité. Ce chiffre est saisissant en contexte : il représente environ le doublement du rythme actuel de construction résidentielle à travers le pays, maintenu pour le reste de la décennie.

Les méthodes de construction conventionnelles ne peuvent pas combler ce déficit seules. L'industrie fait face à une pénurie de main-d'œuvre qualifiée, des contraintes d'approvisionnement en matériaux et un processus de permis qui ajoute des mois aux échéanciers de projets. Même à pleine capacité, la main-d'œuvre actuelle ne peut livrer qu'une fraction des logements nécessaires. Il faut changer la façon dont on construit — pas seulement combien on construit.

Où le modulaire s'insère dans l'équation.

La construction modulaire ne remplace pas la construction conventionnelle. Mais elle répond à plusieurs des goulots d'étranglement qui limitent la production conventionnelle. La production en usine réduit la dépendance à la main-d'œuvre qualifiée de chantier, qui est en pénurie critique. La construction en parallèle comprime les échéanciers de 30 à 50 pour cent. Les conceptions standardisées réduisent les délais d'ingénierie et de permis.

Le déficit de logements n'est pas seulement un problème d'offre. C'est un problème de méthode de livraison. Construire plus de la même façon ne comblera pas un écart de cette ampleur. Nous avons besoin de méthodes capables de croître sans les mêmes contraintes.

Au Québec seulement, le déficit de logements dépasse 100 000 unités. La province subit certaines des pressions d'abordabilité les plus sévères au pays, aggravées par un marché de la main-d'œuvre en construction déjà au maximum de sa capacité. Pour le Québec, la construction modulaire n'est pas une alternative de niche — c'est une partie nécessaire de la solution d'offre.

  • Le Canada a besoin de 3,5 millions de logements supplémentaires d'ici 2030 selon les projections de la SCHL.

  • Le Québec fait face à un déficit dépassant 100 000 logements, la capacité conventionnelle ne pouvant combler l'écart.

  • La construction modulaire peut comprimer les délais de livraison de 30 à 50 pour cent par rapport aux méthodes conventionnelles.

  • La production en usine réduit la dépendance à la main-d'œuvre qualifiée de chantier en pénurie critique.

  • Les conceptions modulaires standardisées réduisent les délais d'ingénierie et de permis, accélérant les approbations de projets.

Les politiques doivent soutenir de nouvelles méthodes, pas seulement de nouveaux objectifs.

Fixer des objectifs ambitieux en matière de logement est nécessaire mais insuffisant. Ces objectifs ont besoin de méthodes de livraison capables de les atteindre. Des cadres politiques qui reconnaissent le logement fabriqué en usine, simplifient les permis modulaires et offrent des incitatifs financiers pour les méthodes de construction alternatives sont essentiels pour combler le déficit.

Plusieurs provinces, dont le Québec, ont commencé à évoluer dans cette direction. Mais le rythme des changements politiques doit correspondre à l'urgence de la crise du logement. Chaque année de retard signifie des dizaines de milliers de familles supplémentaires exclues du marché ou incapables de trouver un logement adéquat.